Parler la bouche pleine

2014-12-20 20.41.00

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Providence

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Année pic : 1913.
Providence a été donné 16 fois depuis 1946.
les Providence sont sensibles et intelligentes.
Les traits de caractère :
Charmeuse Têtue Câline Dormeuse Gentille Sage Gourmande Patiente Calme Sensible Casse cou Rêveuse Curieuse ÉMOTIVE Courageuse Fière Timide

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Envoi

2014-12-10 15.42.23
« Madame, il est vrai que voulant qu’un livre où il y a tant de vous fût sur un papier unique et dans un exemplaire fait pour vous, j’ai perdu beaucoup de temps […]. Au reste il me semblait que le présent (dans le sens cadeau) c’était de vous avoir fait ce livre. Et que l’enveloppe matérielle, et qu’il fût acheté par moi ou par vous, importait peu : vous n’êtes pas d’accord avec moi là-dessus. »

« Je ne vous écris pas, mais je n’écris que sur vous. Tout mon prochain volume ne sera que sur vous. »

« Voici donc un exemplaire (hélas, il n’y en a plus que d’affreux, je vais chercher pourtant) puisque vous attachez plus d’importance aux rames et papier qu’aux douceurs du cœur. L’infernal du malentendu, mais qui vient de votre facilité à tomber aux embûches, vient du mot snobisme rejeté à 20 ans de distance comme le « Péril clérical » etc. A combien de duchesses, quand elles s’écriaient : « Mais ce n’est pas une duchesse, c’est une femme du monde pour petits salons juifs », n’ai-je pas répondu « Elle a plus de race que vous. » Étrange snobisme qui consiste à n’aller chez personne (tout ceci trop long à expliquer ici). »

« En réalité, il fallait montrer que Pays et Êtres perdent quand on les approche. Balbec, pour pays, Guermantes pour Êtres. Je suis trop fatigué pour vous montrer avec quelle logique j’ai développé cela, cela qu’a très bien compris le grand journal danois, le Politiken, de ces jours-ci. Mais vous avez tout pris par le petit côté. J’aime mieux garder le meilleur rôle quoiqu’en ayant infiniment de peine. »

Envoi à la comtesse Adhéaume de Chevigné, née Laure de Sade
vers décembre 1920

« Son corps parfait enfle ses coutumières gazes blanches comme des ailes reployées. On pense à un oiseau qui rêve sur une patte élégante et grêle. Il est charmant aussi de voir son éventail de plume palpiter près d’elle et battre de son aile blanche. » 1892

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Après le bain l Soleil l Horizon

orient
borek

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Prédelles

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Au bord de la mer

Caspar David Friedrich - Der Mönch am Meer via the beauty of art and words
Der Mönch am Meer
Caspar David Friedrich, 1808-1810

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du point de vue de celui qui est aveuglé

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William Turner
Regulus, 1828-1837

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Voir au travers

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William Turner
Light and Colour (Goethe’s Theory) – The Morning after the Deluge – Moses Writing the Book of Genesis – 1843

 

 

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le train longe le Baïkal et

baikal
Le lac est tour à tour la mer intérieure et le ciel inversé, le gouffre et le sanctuaire, l’abysse et la pureté, le tabernacle et le diamant, il est l’œil bleu de la Terre, la beauté du monde, et bientôt, basculant à l’unisson des autres passagers, Hélène photographie elle aussi le lac avec son téléphone, image qu’elle envoie aussitôt à Anton, le train longe le Baïkal et je suis bien à la fenêtre côté couloir, je pense à toi. p.90
Maylis de Kerangal
Tangente vers l’est
Verticales an 2012

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Scène coupée

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Börek

borek
Plusieurs années après la mort de mon père, une langue aux sonorités nouvelles est entrée dans notre maison. L’arménien subissait des variations musicales selon que les exilés le parlaient, lors de repas interminables, assis sur des tapis de Perse qui avaient voyagé avec eux, ou bien jouaient, au son d’instruments étranges, des airs évoquant, à mes oreilles ignorantes, des chansons russes.
Pendant la guerre du Liban, un groupe d’Arméniens fuyant Beyrouth rejoignit la maison d’Arcueil et sa communauté d’exilés musiciens, où j’accompagnais ma mère en fin de semaine. Parmi les jeunes noctambules qui prolongeaient des fêtes défuntes (les années 1970, immortalisées par Pierre Clémenti dans les films de Philippe Garrel), deux adolescentes graves se rencontrèrent.
Suzy avait fui les bombardements. Avant de retrouver sa famille américaine, elle fit escale quelques mois du côté de la Porte d’Orléans, accompagnant son frère dans les fêtes de la rue Clavel, confectionnant des plats, dont elle m’apprenait le nom. Aujourd’hui que l’hôtel particulier proche des Buttes-Chaumont, avec son escalier et son parc, a disparu derrière des façades anonymes, ma mémoire a effacé les vestiges de la langue arménienne que mon amie Suzy m’enseigna.
Lorsque je pense à elle (il m’est impossible d’imaginer sa vie dans une métropole américaine), je revois le concours des plats auxquels les exilés se livraient, le dimanche, dans le jardin d’Arcueil où vivait la communauté. Chacun – et ma mère, seule Corse – présentait fièrement sa spécialité, qui se distinguait par son odeur et son nom.
La langue arménienne m’apparaissait chargée d’odeurs, plus sucrées, moins sauvages que celle de ma mère, avec laquelle elle partageait une douleur incommunicable, mais aussi la forme d’un jeu où une troupe d’enfants fait rouler les voyelles, en guise de cailloux. p.71
Hélène Frappat
N’oublie pas de respirer
Actes Sud an 2014

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Par cœur

George Steiner

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Au microscope

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Larmes du souvenir

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Larmes de fin et de commencement

larmeexaltation
Larmes d’exaltation

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Rencontre/Leçon/Souvenir

2014-11-08 18.14.29
Se souvenir dans le TER au retour.
J’ai hésité.
Siège pour deux ou pour quatre ?
Etre seule ou face à un autre ?
Pas envie de promiscuité.
Mais le train était vide.
J’ai opté pour plus d’espace.
Un homme est arrivé et s’est assis en face de moi.
Je me suis dit zut.
Très vite j’ai compris qu’il voulait parler.
Aucune envie.
J’ai « commencé » à l’écouter par politesse.
Il m’a très vite touchée.
Il est resté tout le trajet accroché à sa petite valise sur ses genoux.
Il fait ce même trajet depuis 30 ans mais à chaque arrêt il était inquiet.
Tous les we il a besoin de voir la mer.
On a commencé par rire.
Il m’a parlé du sens de l’humour.
Comment lui libanais il aimait ce sens qui n’existe pas chez lui.
Il m’a parlé de la mémoire olfactive.
Après « Proust » très troublant.
Et puis l’expérience de la peur
Et puis les bombes
Et puis les morts qu’il faut enterrer
Et puis l’empêchement de faire son métier qu’il aimait
la psychiatrie pour enfant.
Et puis comment malgré tout prendre la vie avec le sourire.
Profiter de toutes les expériences heureuses, les rencontres, même pour deux heures, savoir les vivre.
« Ce sont ces souvenirs qui nous construisent. »
Et puis il m’a raconté son adolescence au Liban, ses amis arméniens.
Les yeux, le regard qui dit beaucoup.
« Il fallait se dire avec les yeux, car cela devait rester discret, surtout pour les filles. »
Et puis, le goût du pastourma, du soudjouk.
La mer après l’école.
Tout était très précis.
Et puis, je crois, mon sourire lui a rappelé.
Il a pleuré.
J’ai été très émue.
Mais il m’a remerciée,
« Rire ça fait du bien mais les larmes aussi » m’a-t-il dit.
J’ai aimé l’écouter, prendre ce temps avec lui.
Je pense qu’il n’a pas mesuré à quel point cela m’a fait du bien aussi.
Tombé du ciel.
Un vrai cadeau.
J’ai reçu.
J’ai pris.
Un souvenir.

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à suivre

2014-11-08 07.38.09
2014-11-08 10.29.03

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