Champ/contrechamp

Capture-d’écran-2014-04-29-à-14.25.25
Capture-d’écran-2014-04-29-à-14.24.47
Du passé et du présent reliés.

Il n’y a pas longtemps j’ai entendu :
Passés cités
Pas cécité
Sinon, en vrac
A quoi sert le passé ?
Faire des images concerne le futur, mais avec la question du désir.
Quand on désir, on est tendu vers le futur.
Mais il n’y a pas de désir sans mémoire.
En général, quand le présent va mal, c’est qu’il y a un passé qui n’est pas passé.


Bof du film
1984
Passé
30 ans
Ne nous rajeunit pas.

En même temps, au Collège de France.
La parrêsia, c’est le tout-dire, le dire-vrai, le franc-parler, le courage de la vérité. Il est possible, cependant, qu’avec ce terme on ait un peu plus qu’une nouvelle invention conceptuelle, après la « gouvernementalité » et la « subjectivisation ». un peu plus au sens où il s’agit moins d’élaborer un nouveau point de doctrine que de ressaisir un point d’articulation entre la théorie et la pratique, entre le discours et les actes, entre les savoirs et les résistances. C’est comme si Foucault, avec cette notion, se retrouvait à la verticale de lui-même.
Quelle est cette vérité dont les conditions de possibilité n’est pas logique mais éthique ? Ce nœud du courage et de la vérité aura sans doute constitué pour Foucault quelque chose comme un complexe fondamental. Le courage de la vérité comme grille de lecture de l’oeuvre et de la vie, en tant qu’elles sont indissociables, en tant qu’il est ce qui simultanément soutient l’écriture des livres et l’action politique… p.8

Dans le cours du 22 février 1984, Foucault analyse cette fois le Lachès de Platon, afin d’élargir le thème du souci de soi aux dimensions de la technique de l’existence…
Alors, le souci de soi ne consiste plus en une connaissance de l’âme comme part divine en soi, mais l’objet du souci est le bios, la vie, l’existence, et se soucier de soi signifiera donner forme à son existence, soumettre sa vie à des règles, à une technique, la mettre à l’épreuve selon des procédures : c’est la philosophie comme art de vie, technique d’existence, esthétique de soi. p.162
Frédéric Gros
Foucault Le courage de la vérité
Puf débats, an 2002

Publié dans Des plans, Général | Laisser un commentaire

Encore en mouvement mais d’un autre ordre


31/01/2010 17 vues
Pour le rapport au monde.


31/01/2009 [coïncidence du 31/01…] 90 vues
Pour le corps, la danse, la joie de vivre, le sourire.


15/11/2008 179 vues
Pour l’Histoire des images.


03/10/2008 44 vues
Pour l’eau, la nage sur le dos, celle qui permet un point de vue singulier
sur le monde, à soi.


24/05/2008 62 vues
Pour ce que peut le cinéma, un plan, un regard (caméra).

Suis retombée sur mes « vieilles » vidéos chez Dailymotion.
Frustration
Je me souviens très bien de ces billets désormais dans les limbes.
Pourtant, toujours d’actualité.
Allez j’en reposte quelques unes
Devoir choisir malgré tout, malgré moi, je les aime toutes.

Publié dans Des plans, Général | Laisser un commentaire

Retenu(e) d’eau

2014-04-22 15.49.28
La même mais plus « haut ».
Rien à voir.
La mer au loin, trop loin.
Nouvelle expérience.
Nager dans la mer « artificiellement », comme un cadeau.
Assez jouissif d’aller y voir juste de l’autre côté du mur, la voir au loin et pourtant en profiter, être là et bien là avec elle.
Se souvenir aussi de cette sensation inédite des pieds au « sol ».
La tête « sait », pense le trouver mais le corps ne comprend pas, ne connait pas.
Il est là mais se dérobe doucement comme au ralenti.
Cela pourrait être inquiétant mais c’est très doux.
On s’enfonce paisiblement parce qu’on « sait » que la mer va nous retenir, pouvoir nous porter, lui faire confiance.

2014-04-22 15.49.30
accroché, agrippé, amarré, arrêté, bloqué, bridé, capté, captivé, coincé, conservé, contenu, cramponné, décent, décompté, découragé, détenu, digne, discret, distant, emprisonné, enchaîné, endigué, froid, gardé, mémorisé, occupé, prélevé, pris, pudique, ravalé.

Publié dans Général | Laisser un commentaire

Forme

vlcsnap-152150
vlcsnap-152278
vlcsnap-152408
vlcsnap-152516
vlcsnap-152632
vlcsnap-152735

Publié dans Des plans | Laisser un commentaire

Joie

Concept de résistance et de vie

La joie c’est tout ce qui consiste à remplir une puissance.

La tristesse c’est lorsque je suis séparé d’une puissance, que à tort ou à raison ou dont à tort et à raison je me croyais capable.

La joie c’est l’effectuation d’une puissance.

Se réjouir, c’est se réjouir d’être ce qu’on est, c’est-à-dire d’être arrivé là où on en est, c’est pas la joie de soi-même, c’est pas être content de soi.
La joie, c’est le plaisir de la conquête comme disait Nietzsche, la conquête ça consiste pas à servir des gens, la conquête c’est par exemple pour le peintre conquérir la couleur.

Publié dans Général | Laisser un commentaire

Méfiez-vous des vierges

2014-04-15 18.34.44
Se souvenir.
Je viens de déposer ma 4L pour son troisième essai au CT.
Juste à côté un homme me regarde désespérément, ne sachant comment laver sa voiture via une borne électronique.
En bonne vierge que je suis, je tente de l’aider.
On ne se refait pas.
J’ai déjà fait, je sais faire, rum… rum…
Il est paniqué, je comprends sa difficulté à habiter notre monde, son inadaptabilité.
Evidemment un homme qui demande ce type d’aide à une femme ne peut être que sensationnel.
Il me dit que je suis un ange tombé du ciel, rum… rum…
Comme des poèmes, je lui lis doucement tous les programmes possibles.
Il m’écoute attentivement.
Il choisit un des plus longs.
J’essaye de lui dire que peut-être le programme à 4 euros suffirait…
Mais il aime sa voiture, on cherche alors ensemble ses 10 euros dans son petit porte-monnaie et je m’occupe de tout.
Et voilà, les rouleaux s’emballent mais détail subsidiaire, la voiture était bien là, mais à côté de nous et non en place.
J’aurais aimé un gros plan de nos deux visages.
Du pur Tati.
J’aurais pu pleurer face à mon idiotie, la goutte d’eau, mais bien heureusement je ne pouvais plus m’arrêter de rire, le temps du lavage.
Lui ne riait pas du tout, il est resté stoïque, très concentré sur le spectacle.
Le ballet des rouleaux, la voiture bien sage à côté de nous, moi qui riait.
Après coup, je me suis demandée ce qui pouvait bien se passer dans sa tête.
Il ne s’est pas énervé contre moi, ni même ne m’en a voulu, cela m’a rassurée, je n’aurais pas aimé qu’il pense que je me moquais de lui.
Pas sûre tout de même qu’il ait compris que c’était de moi que je riais, que c’est bon de se moquer de soi.
J’ai insisté pour lui payer le prochain lavage, il n’a pas refusé.
Parfois, en profiter, la bêtise ça peut se racheter.
Le type du CT a tout vu, il commence à me connaître, après tous mes aller-retours chez lui, aussi il s’est permis de bien se moquer de moi, pourra définitivement m’étiqueter comme la cruche à la 4L.
Qu’est-ce qui m’a pris ?
Trop d’empathie ou décidément plus aucune neurone ?
Malgré tout, lumière du jour aussi, tellement bon de rire.
Je ne suis pas prête de l’oublier. Lui, je ne sais pas.

Publié dans Général | Laisser un commentaire

Lumière du jour- Adresse

IMG_0584
IMG_0487
Du live reçu ce matin à 7H40.
Me fait le plus grand bien.
J’en ai besoin.

Publié dans Des plans, Général | Laisser un commentaire

Pleine

P1070862

Publié dans Général | Laisser un commentaire

Bribes de soi

1_pretty_much_installation_view_dox_prague_2009._photo_studio_lost_but_found_frederik_pedersen
Au début j’étais perplexe quant à ce chaos.
Ces postes de télévisions, « réduire » les images, celles de son travail, les proposer toutes ensemble, à la même échelle…
J’avais vu déjà et beaucoup aimé en grand : son 24 Hour Psycho,

« Plus jamais il ne pourrait revoir le vrai film, l’autre Psychose. C’était celui-là le vrai film. C’était ici qu’il voyait tout, pour la première fois. Il se passait tant de choses en une seconde donnée, au bout de six jours, douze jours, cent douze, et qu’il voyait pour la première fois.
Elle dit :  » Comment ce serait, de vivre au ralenti ?  »
Si nous vivions au ralenti, le film ne serait qu’un film parmi d’autres. Mais il ne le dit pas.
Il dit :  » Je suppose que c’est votre première fois.  »
Elle dit :  » Tout est ma première fois.  » […]
Elle lui dit qu’elle se trouvait à des millions de kilomètres de ce qui se passait sur l’écran. Et qu’elle aimait ça. Elle lui dit qu’elle aimait l’idée de lenteur en général. Tant de choses vont si vite, dit-elle. Nous avons besoin de temps pour nous désintéresser des choses. »
Don DeLillo, point oméga, Acte Sud 2010, p. 128.

au ralenti

Je me souviens bien de son Taxi Driver, le beau de Niro plus grand que soi, et à Avignon son éléphant chez Yvon Lambert, pouvoir s’immerger à échelle 1 dans ses images.
J’étais très sceptique quant à cette « réduction ».
Mais je suis touchée. Une proposition qui permet de « voir » son vrai travail, qui ne fait qu’un au fond, son rapport aux images, son rapport au monde tout court.
Une forme d’autoportrait.
Pas de hiérarchie du coup entre les statuts des images, tout s’entremêle les sons, les couleurs, les rythmes des images que parfois il modifie. Une écriture de soi.
Paradoxalement le foutraque n’empêche rien quant à la force de chaque image, tous ces détails. On les voit bien. Ce chaos n’est pas autoritaire ni imposant, bien au contraire, le spectateur peut à l’envi créer son (propre) ordre et ce avec joie et « originalité ».

En tous les cas ce qui m’est apparu aussi grâce à ce dispositif c’est comment l’ordre naît du chaos. Cosmos. Qu’une histoire de point de vue, le sien, celui de celui qui regarde et se reposer.

« Tâche difficile : même s’il pouvait y avoir ici, cachée quelque part, la chose que signalait la flèche dessinée là-bas, au plafond de notre chambre, comment la découvrir dans ce fouillis, au milieu des mauvaises herbes, des menus déchets, des ordures dont la quantité excédait tout ce qui pouvait se passer sur les murs ou les plafonds ? Une profusion de relations, de liens… Combien de phrases peut-on créer avec les vingt-six lettres de l’alphabet ? Combien de significations pouvait-on tirer de ces centaines d’herbes, de mottes, et autres détails ? Le mur et les planches de la cabane déversaient également des combinaisons infinies. J’en eus assez. Je me redressais pour regarder la maison et le jardin. Ces grandes formes synthétiques, ces mastodontes de l’univers des objets reconstituaient un ordre, et je me reposai. »
Cosmos, Gombrowicz







Publié dans Des plans, Général | Laisser un commentaire

Regarder la Lune

4377381_7_df56_une-scene-du-film-taiwanais-de-tsai_4c76152c72e6943f224560d1f3217a87
les-chiens-errants-620x348
Chiens-errants-web1000
18-Stray-Dogs-4
4377380_7_ce73_une-scene-du-film-taiwanais-de-tsai_de7f0162381add424e5f96e1c7d3d5c9
chienserrants_138(1)
Des plans.
Je me retiens.
J’aurais envie de les retenir tous.
Instinctivement, paradoxalement, je les ai mis dans l’ordre, alors que ce n’est pas le propos, pas la forme du film, de ce montage, de ce que nous donne le cinéaste.
Pas d’ordre, aucun ordre de passage entre les plans.
Chaque plan nous propose son propre espace, son propre temps, même si même si on est au même endroit.
Là et bien là.
Heureusement, je me suis retenue de lire/écouter avant.
Je préfère tellement sentir d’abord, seule.
Voir ce qui me parle.
Être à l’écoute de ce qui me regarde.
J’ai su, après, qu’il filmait parfois 30 minutes d’affilée (c’est jolie « affilée »).
J’ai su après, que ces plans, avec leur durée, il va en faire une installation.
Les uns à côté des autres.
Je ne suis pas sûre que cela m’aurait imprégnée aussi véritablement.
Plus sûre au fond de cette soi-disant liberté pour le spectateur.
Justement, je me sentais coincée souvent chez Bill Viola.
Le mode d’emploi trop visible et pas assez de pistes pour soi.
La liberté, la place que l’auteur laisse à son spectateur, se joue à un autre endroit.
Pas forcément du côté seulement de la forme justement, elle ne résout pas tout.
J’ai tant aimé passer du temps avec eux, être dans leur espace-temps : de la durée, un peu de hauteur, la bonne plongée, des vraies perspectives.
Trois femmes encore, mais un seul personnage.
Se souvenir aussi de comment elle mange avec des baguettes, comment elle nous regarde, comment elle achète son chou, comment elle se lave les pieds et comment on lui lave les cheveux.
Un film à voir et revoir sans fin, c’est certain.
Comme la lune.

Publié dans Des plans | Laisser un commentaire

Fantômes en vrai

2014-04-03 20.06.04
Elles sont sœurs.
Elles sont les filles.
Il a filmé avec une Panasonic Black and White des années 80.
Elle est sensible aux sources de chaleur.
troisfemmes
La seule qui m’a vraiment touchée.
Peut-être les corps qui se touchent.
Peut-être le regard caméra.
Je ne sais.
La seule où je n’ai pas « vu » le cahier des charges, la « pédagogie », son chemin à lui.
Où j’ai trouvé ma place.
La seule où je crois (je sens).
Et puis j’aime le grain.

Publié dans Des plans | Laisser un commentaire

Una voce umana

Magnani-et-Rossellini-La-voix-humaine_w670_h372
La voix humaine de Cocteau, qui connut Proust et le dessina, ne viendra qu’en 1935, et interrogera ce que change à la dramaturgie de la voix qu’on puisse échanger sans qu’elle soit associée à la présence physique de celle ou de celui qui l’émet…

Dans La voix humaine, l’acteur est seul avec les spectateurs, l’acteur étant supposé entendre ce qui lui est dit par l’autre protagoniste tandis que les spectateurs auront à le reconstituer par la réponse, dissymétrie de la langue en partage qui fait naître un objet théâtral inédit [du cinéma me (re)vient – je préfère – je préfère aussi « Une voix » à « La voix » – décidément l’Italie – décidément la vive voix], que banalise aujourd’hui le moindre épisode de série télévisée.

la voce umana_sc
C’est ce qui se joue dans la Recherche : « … de même que la parole humaine, changée en électricité dans le téléphone, se refait parole pour être entendue… »

Puis ce fameux passage sur les « Vierges Vigilantes » que sont les dames du téléphone, tout rempli de clichés et métaphores, puisqu’elles sont tour à tour les Danaïdes, les Anges gardiens, les Furies, les « ténèbres vertigineuses », et cet « invisible » dans lequel « sans cesse [elles] vident, remplissent, se transmettent les urnes des sons ». Bien sûr cela dit avec l’ironie du maître – Proust s’amuse -, quitte à la virtuosité vide : « et qui, au moment où nous murmurions une confidence à une amie, avec l’espoir que personne ne nous entendait, nous crient cruellement : – J’écoute ».

« Et aussitôt que notre appel a retenti, dans la nuit pleine d’apparitions sur laquelle nos oreilles s’ouvrent seules, un bruit léger – un bruit abstrait – celui de la distance supprimée – et la voix de l’être cher s’adresse à vous. »

Proust est une fiction
[6] il me semble que je n’aimerais pas avoir le téléphone à domicile
François Bon
Édition du seuil, an 2013

Echo avec d’autres mots entendus de vive voix/vécus/(re)lus aussi ce jour, par hasard ? décidément.

Publié dans Coïncidence, Des plans, Lecture | Laisser un commentaire

Description de vive voix

585px-Piero_della_Francesca_041

 

details

 

Par hasard, des voix entendues dans la même journée.
Pier Paolo Pasolini a été l’élève de Roberto Longhi.
Il l’a peut-être entendu/vu parler de ce tableau de vive voix.

Publié dans Coïncidence, Des plans, Lecture | Laisser un commentaire

Pier Paolo me racontait les Mille et une nuits

1001

Publié dans Des plans | Laisser un commentaire

Je crois (je sens)

Andrei-Rublev-Icon-of-Archangel-Michael-c-1409

Je ne peux pas m’intéresser non plus à des personnages que l’on me présente sans nuances comme uniquement bêtes, ou malfaisants, ou courageux, ou lâches, ou vertueux, et donc à leurs aventures, non plus qu’à ce qu’elles prétendent me démontrer. C’est avec ennui que je tourne des pages et des pages pour trouver çà et là quelques descriptions qui, soudain, va faire naître en moi cette qualité particulière d’émotion qu’est le plaisir.

Par contre, je défie n’importe qui de me dire quelle sorte d’enseignement, quelle sorte de « morale » se dégage de la mort de Nastasia Philippovna poignardée par Rogojine, je défie n’importe qui de me dire si Muichkine est d’une intelligence supérieure ou complètement idiot… Si après avoir lu trente pages de Madame Bovary je sais à l’avance que ce malheureux ménage va accumuler les sottises de toutes sortes, je ne sais jamais les actes imprévisibles que vont commettre Lebedev ou Ivan Karamazov, et, par contre, si j’ai peine à croire que Caddy soit dès son enfance prédestinée à la nymphomanie et au malheur, je crois sans peine (je sens) que Benjy ne peut que hurler de souffrances lorsqu’il entend le mot « caddy » crié par les joueurs de golf, je crois (je sens) que Proust peut être soudain transporté de la cour de l’hôtel de Guermantes au parvis de Saint-Marc à Venise par la sensation de deux pavés inégaux sous son pied, je crois (je sens aussi) que Molly Bloom peut être amenée à des rêveries érotiques par l’évocation des fruits juteux qu’elle se propose d’acheter le lendemain au marché…

Quatre Conférences
Claude Simon
Les éditions de Minuit an 2012

Publié dans Des plans, Lecture | Laisser un commentaire