Alice B. Toklas un 7 mars

Photo-Alice-Toklas-496

4 octobre 74 : Et si un jour vraiment (cf. Alice Toklas) je voyais sa vie (d’A.M.) telle que je la vois Elle, presque complète, presque chaque toute chose, période passage.
La dévoré-je ma vie, ouvert à tout, à tous, surtout à la rue, qui se réfrène sur moi, qui ne sais où on va (continuer, passer, hors du pire), et lui flagellant cela à A.M., angoscia une main sur sa cuisse (coscia). Cependant ce n’est pas ma vie, et peut-être moins encore celle qu’elle vient de vivre avec moi (58-74).

Écriture réconciliée ? Nostalgie non ! Reprendre ! Revivre ? Non ! Mais « profiter » (d’un matériau élaboré, sûr longuement traité naturellement), continuer, mémoire, avec ça ; fléchir. Revivre, plus pur, plus allongé, plus dense, revivre ce qui n’était pas « pensé ». Aimer vivre (aimer avoir vécue), vivre mieux.

Noté cela le 16 février 1975, 20 heures, et noté : En foutant des coups, avec du bois, « ils » montent « notre » escalier en sabots. A.M. nue dans la salle de bains ? Son bruit ? (Elle), sa fermeture éclair (n’était pas nue?). p.42
Autobiogre d’A.M.75
Hubert Lucot
P.O.L éditeur, 2013

Publié dans Coïncidence, Lecture | Laisser un commentaire

Archives

Et voilà
c’est aujourd’hui qu’arrive ce que je ne voulais pas
être chronologique et qu’en image fixe
STILL LIFE 1 – 2007 – 2008
STILL LIFE 2 – 2008 – 2009
STILL LIFE 3 – 2009 – 2010
STILL LIFE 4 – 2010 – 2011
STILL LIFE 5 – 2011 – 2012
Ce qu’il me reste n’est que chronologique et plus de mouvement, plus de son non plus
ces fragments m’intéressaient encore mais dans de l’aléatoire,
dans des rapprochements impensables, des survivances

2007 – 2012 est obsolète
la technique ne peut suivre
il faut s’y résoudre
du coup tout perdre
d’un coup
effacé
disparu
mais rien de grave

Demain est un autre jour
J’adore pouvoir conjuguer demain au présent
parce que finalement c’est le présent qui compte
on vit les belles choses au présent

Premier billet écrit un 7 août 2007 à 7H07
je ne me souviens plus
j’ai dû tricher
accueil

Publié dans à la fin, Général | Laisser un commentaire

Abîmes ordinaires via Google images

Capture d’écran 2014-03-04 à 12.44.19
Des fois
Des fois j’ai envie qu’on décide à ma place
Croire que le réel me dépasse
Croire que le réel travaille à ma place
Me propose un montage
A chaque fois j’y trouve du sens
Celui qui m’arrange.
Malgré tout dans la page je circonscris des détails.
Capture d’écran 2014-03-04 à 12.43.53
Ce procédé me permet de voir ce que je n’avais jamais vu ni même penser voir.
Ce montage est aléatoire, en tous les cas ne m’appartient plus, pas.
Je ne sais d’où provient cet ordre.
Je ne sais si j’y vois un désordre.
Mes images sont libres de se coller les unes aux autres comme bon leur semble.
C’est ce que j’aime à me dire.
Et puis demain, un jour autre, ce sera autrement.
Capture d’écran 2014-03-04 à 12.44.05
Est-ce une « écriture de soi » ?
Dois-je m’appuyer sur de l’aléatoire pour me raconter ?
Regarder ce qui m’échappe pour laisser advenir ce que je n’attendais pas.
Faire confiance aux coïncidences, à l’imagination.
Construire de la fiction depuis le documentaire.
Capture d’écran 2014-03-04 à 12.43.32
Que se passe-t-il dans ces moments privilégiés où un détail se voit ? De quelle surprise ces moments sont-ils porteurs ? Que fait celui qui regarde « de près » et quelle « récompense » imprévue cherche-t-il ?
Identifiés et isolés, ces détails donnent à voir au lecteur les « récompenses » promises à lui qui « scrute patiemment » la peinture. Ces « récompenses » ne sont pas sans effet sur le rapport du spectateur au tableau et sur la compréhension qu’il peut en avoir : « L’impression totale d’une œuvre d’art est construite d’une foule de sensations, d’analogies, de souvenirs et de pensées diverses – certaines sont manifestes, beaucoup cachées, quelques-unes analysables, la plupart au-delà de l’analyse. »
Daniel Arasse
Le Détail – Pour une histoire rapprochée de la peinture
Éditions Flammarion, Champsarts, 1996, p.7 et 6

Ce qui force à penser, c’est le signe. Le signe est l’objet d’une rencontre ; mais c’est précisément la contingence de la rencontre qui garantit la nécessité de ce qu’elle donne à penser. L’acte de penser ne découle pas d’une simple possibilité naturelle. Il est au contraire, la seule création véritable. La création, c’est la genèse de l’acte de penser dans la pensée elle-même. Or, cette genèse implique quelque chose qui fait violence à la pensée, qui l’arrache à sa stupeur naturelle, à ses possibilités seulement abstraites. Penser, c’est toujours interpréter, c’est-à-dire expliquer, développer, déchiffrer, traduire un signe.
Gilles Deleuze,
Proust et les signes
PUF / Perspectives Critiques, Paris 1964, p.118

Publié dans Coïncidence, Des plans, Général | Laisser un commentaire

Surprises

2014-03-01 00.19.162014-03-01 00.19.23

Publié dans Général | Laisser un commentaire

Culture 4 – Les plus belles de la Renaissance à Hollywood

IMG_4267
IMG_4266

Publié dans Général | Laisser un commentaire

Culture 3 – Beaux gosses

IMG_4244
IMG_4246

Publié dans Général | Laisser un commentaire

Culture 2 – Donner envie

Publié dans Danse, Général | Laisser un commentaire

Culture 1 bis en Live

2014-02-23 15.21.24 2014-02-23 15.59.29

Publié dans Général | Laisser un commentaire

Culture 1 – Prise de vie by herself

paris

Publié dans Général | Laisser un commentaire

Contrechamp avec tiret

_______Bonté divine ! Comme le simple Poco più ou Poco meno des artistes italiens, _______ cet imperceptible plus ou moins qu’ils mettent dans leurs œuvres, peut à lui seul déterminer l’exacte ligne de beauté dans une phrase, aussi bien que dans une statue ! Et comme les plus légères touches du ciseau, du crayon, de la plume, de l’archet, et autres instruments, ________ suffisent à donner le juste crescendo ou diminuendo, d’où naît le juste plaisir ! ________ Ô ! mes chers compatriotes ! _______ soyez scrupuleux, _______ soyez circonspects dans le choix de vos expressions ! _______ et n’oubliez jamais ! Jamais ! À quels petits riens tiennent votre éloquence et votre réputation !

_______ « Sans doute répugne-t-il à ma belle-sœur, parce que cela révolte sa pudeur, dit ainsi mon oncle Tobie, qu’un homme lui vienne mettre la main ****. » Placez ce tiret après « mains » : _________ c’est une Aposiopesis. ________ Supprimez le tiret, et écrivez « au panier » à la place, ou, mieux encore, « au parchemin velu » : ________ c’est une obscénité sans nom. ________ Biffez « parchemin velu » et remplacez-le par « chemin couvert » : ________ c’est une Métaphore ! ________ Mon oncle Tobie avait la tête si farcie de fortifications que si on lui eût laissé ajouter un mot à sa phrase, ________, je gage que c’eût été celui-là.

Quant à savoir s’il voulut ou non en ajouter un, ________ et si, à l’instant critique en question, la pipe de mon père se brisa net accidentellement ou sous l’effet de la colère, _________ la réponse viendra en temps et en heure. p.156

Laurence Sterne
La vie et les opinions de Tristram Shandy
Édition Tristram, 2004, 2012

Publié dans Danse, Lecture | Laisser un commentaire

et oui j’ai dit oui je veux Oui. [Point Final]

j’adore les fleurs j’adorerais avoir toute la maison nager dans les roses dieu du ciel y a rien comme la nature les montagnes sauvages et puis la mer les vagues qui se bousculent et puis la campagne si belle avec ses champs d’avoine de blé toutes sortes de choses toutes les belles bêtes qui se promènent ça te ferait chaud au cœur de voir les rivières les lacs les fleurs de toutes sortes de forme de parfum de couleur qui jaillissent de partout même dans les fossés les primevères et les violettes c’est ça la nature quant à ceux qui disent qu’il y a pas de Dieu je donnerais pas bien cher de toute leur science pourquoi ils se mettent pas à créer quelque chose souvent je lui demande les athées ils peuvent s’appeler comme ils veulent ils devraient commencer par se nettoyer leur crasse eux mêmes d’abord et puis ils braillent à tout va qu’ils ont besoin d’un prêtre qu’ils sont à l’agonie et pourquoi pourquoi parce qu’ils ont peur de l’enfer à cause de leur mauvaise conscience ah oui je les connais bien tiens qui a été le premier dans l’univers avant qu’il y ait quelqu’un qui a tout fait qui ah ils savent pas moi non plus et alors qu’est-ce que ça change ils pourraient bien encore essayer d’empêcher le soleil de se lever demain le soleil c’est pour toi qu’il brille il me disait le jour où on était allongés au milieu des rhododendrons à la pointe de Howth avec son costume de tweed gris et son chapeau de paille le jour où je l’ai poussé à me demander en mariage oui d’abord je lui ai donné le morceau de gâteau à l’anis que j’avais dans la bouche et c’était une année bissextile comme maintenant oui il y a seize ans mon dieu après ce long baiser je pouvais presque plus respirer oui il a dit que j’étais une fleur de la montagne oui c’est ça nous sommes toutes des fleurs le corps d’une femme oui voilà une chose qu’il a dite dans sa vie qui est vraie et le soleil c’est pour toi qu’il brille aujourd’hui oui c’est pour ça qu’il me plaisait parce que j’ai bien vu qu’il comprenait qu’il ressentait ce que c’était qu’une femme et je savais que je pourrais toujours en faire ce que je voudrais alors je lui ai donné tout le plaisir que j’ai pu jusqu’à ce que je l’amène à me demander de dire oui et au début je voulais pas répondre je faisais que regarder la mer le ciel

O ce torrent effrayant tout au fond O et la mer la mer cramoisie quelquefois comme du feu et les couchers de soleil en gloire et les figuiers dans les jardins d’Alameda oui et toutes les drôles de petites ruelles les maisons roses bleues jaunes et les roseraies les jasmins les géraniums les cactus et Gibraltar quand j’étais jeune une Fleur de la montagne oui quand j’ai mis la rose dans mes cheveux comme le faisaient les Andalouses ou devrais-je en mettre une rouge oui et comment il m’a embrassée sous les murs des Maures et j’ai pensé bon autant lui qu’un autre et puis j’ai demandé avec mes yeux qu’il me demande encore oui et puis il m’a demandé si je voulais oui de dire oui ma fleur de la montagne et d’abord je l’ai entouré de mes bras oui et je l’ai attiré tout contre moi comme ça il pouvait sentir tout mes seins mon odeur oui et son cœur battait comme un fou et oui j’ai dit oui je veux Oui.

Trieste -Zurich-Paris
1914-1921

James Joyce
Ulysse
Éditions Gallimard 2004
p.1155-1157

Publié dans à la fin, Lecture | Laisser un commentaire

« Neige »

Le poème était composé de ce qui lui avait tout à l’heure simultanément traversé l’esprit : la chute de la neige, les cimetières, le chien noir qui s’ébattait avec joie dans la gare, plusieurs de ses souvenirs d’enfance et Ipek, à laquelle il avait pensé, sur les chemins du retour à l’hôtel, avec un sentiment de bonheur et d’inquiétude mêlés qui avait accéléré ses pas. Il baptisa son poème « Neige ». Bien plus tard, en se rappelant les conditions dans lesquelles il avait écrit à Kars, il dessinerait un flocon de neige, représentation de sa propre vie, dont le flocon exprimerait l’organisation logique, et il déciderait de placer ce poème au centre du dessin comme de sa vie. Mais, ces décisions-là – et le livre tente de répondre à cette question -, dans quelle mesure ne sont-elles pas, comme l’a été le poème pour Ka, le fruit de la vie elle-même, avec sa mystérieuse symétrie ?
Ka alla à la fenêtre et se mit à regarder silencieusement la neige qui tombait dehors à gros flocons et avec grâce, habité par le sentiment qu’il finirait d’autant mieux le poème, arrivé presque à son terme, qu’il contemplerait ce spectacle. On frappa à la porte, Ka ouvrit et oublia les deux derniers vers qui lui étaient venus à l’esprit, et dont il ne se souviendrait pas tant qu’il serait à Kars.
A la porte c’était Ipek. Elle lui tendit un enveloppe en disant : « Il y a une lettre pour toi. »
Ka prit la lettre et sans même la regarder la jeta dans un coin. « Je suis très heureux », dit-il.
Il pensait que seuls des gens ordinaires pouvaient dire : « Je suis très heureux ! « , mais là, il n’avait pas honte. « Entre, dit-il à Ipek. Tu es très belle. » p.133
Orhan Pamuk
Neige
Éditions Gallimard, an 2005

[Pourtant, dès le matin, grande douceur ici, 14°.
Ça sent le Printemps.]

Publié dans Des plans, Fragment, Général | Laisser un commentaire

Molly Blum

Publié dans Général | Laisser un commentaire

Lumière du jour

api1api3api7

Publié dans Des plans, Général | Laisser un commentaire

Des femmes

feu1feu6

Publié dans Des plans, Général | Laisser un commentaire