L’heure du Bain

cprecto

cpdos

Reçu ce jour

Publié dans Général | Laisser un commentaire

Une attente me pénètre de tendresse ou du moins de joie… comme de vive voix

Une attente me pénètre de tendresse ou du moins de joie, Mademoiselle, l’attente de pouvoir vous faire la faveur de ces quelques remarques comme d’une histoire passionnante, une sorte de conte, peut-être. La grâce est une chose vraiment ancienne, historiquement parlant, et refleurit pourtant toujours parmi les hommes, dans une perpétuelle jeunesse. Cette façon de dire ne pourrait-elle pas, quasiment, me donner lieu de croire que je suis instituteur ? Mon écrivain préféré avoué est Stendhal, que vous avez lu vous aussi… p.244
[…]
Les auteurs se lisent les uns les autres avec beaucoup d’ardeur, ce qui peut donner lieu à des transferts fabuleux. Stendhal aspirait à écrire quelque chose de plus moderne que Pouchkine, tandis que Flaubert, à son tour, semble avoir eu l’intention d’être plus moderne que Stendhal, tant il est vrai que les descendants s’efforcent invariablement, en s’appuyant sur leurs ancêtres, de surpasser ceux dont néanmoins ils sont en quelque sorte issus, et qui eux-mêmes avaient fait tout leur possible. p.246
[…]
J’ai eu sous les yeux un compte rendu dans lequel on m’appelait un vagabond, mais j’ai déjà vécu dans des pièces qui étaient des vraies bonbonnières, et certes, de loin en loin, j’aimais pratiquer la promenade en guise de remède contre l’emprise de la mélancolie, et avec cela, je pense vous avoir raconté un certain nombre de choses qui ne sauraient avoir de conséquences pénibles ni pour vous, ni pour moi, et que j’ai essayé de vous présenter comme de vive voix. p.247

Robert Walser
Le Territoire du crayon
Microgrammes
Editions Zoé, 2013

lewen

Publié dans Coïncidence, Lecture | Laisser un commentaire

Ce n’est pas en allant droit au but qu’on trouve la vie, mais dans les détours

2013-10-24 12.31.16

L’optimisme est une chose magnifique, voilà la réflexion que m’a inspirée une voix retentissante qui sortait de la bouche d’un promeneur. Cette voix avait un je-ne-sais-quoi d’arrondi. Une jeune fille m’a fait observer que j’étais en train de faire un détour. Je lui ai dit : « Ce n’est pas en allant droit au but qu’on trouve la vie, mais dans les détours. C’est lorsqu’on nous distrait de notre but que nous pouvons le sentir et que nous sommes en mesure de montrer, à la rigueur, que nous ne l’avions pas perdu de vue et que nous disposions, donc, d’une certaine force de caractère. » Quelques pierres tombales se dressaient dans un pré. C’étaient des tombeaux de famille. Comme ils avaient l’air isolés. Aucun regard humain ne semblait s’être posé sur eux depuis longtemps. C’était beau de ma part, donc, de les remarquer. Je suis passé devant une église. Le pasteur était peut-être en train de prendre le thé en famille. Il n’était pas exclu que le matin même, il ait prononcé un sermon impressionnant. Pour un promeneur, se montrer en tout temps aimable et correct à l’égard de tous ceux qu’il rencontre suppose de la grandeur d’âme. Les gens sensibles me comprendront. Et quant aux insensibles, ou peu sensibles, ce n’est pas pour eux que j’écris, heureusement. Et de toutes façons, ceux-là ne lisent pas mes articles. p.57-58
Robert Walser
Le Territoire du crayon
Microgrammes
Editions Zoé, 2013

Publié dans Coïncidence, Fragment, Lecture | Laisser un commentaire

Les mots que je m’apprête à prononcer ici ont leur volonté bien à eux

Proust_manuscrits

walser

Les mots que je m’apprête à prononcer ici ont leur volonté bien à eux, ils sont plus forts, plus puissants que moi, et je crois bien qu’ils ont envie de dormir, ou qu’il leur plaît de ne pas être ce qu’ils sont, comme s’ils pensaient que coïncider avec eux-mêmes manquait de sel, et inutile de les réveiller, ils ne réagissent pas à mon : « Debout !» p.52

… ceux qui n’ont même pas encore appris à devenir ignorants, et que l’idée n’a même pas effleurés jusqu’ici qu’ils se distinguent par une éblouissante absence d’idées, ceux qui souvent, ne craignent pas d’afficher une distinction colossalement peu distinguée, ceux qui n’ont aucune idée de la naissance de l’intellect, du beau souhait qu’il puisse n’avoir jamais vraiment commencé à vivre, ceux enfin que l’on ne peut presque pas convaincre qu’on a entrepris ici la tentative curieuse et pas totalement inintéressante d’exprimer quelque chose au moyen de quelque chose qui ne dit rien, de dissoudre l’intelligible, comme si peut-être, cette tentative était la Mélancolie qu’a conçue Dürer, avec sa main posée sur le globe. p.55

Robert Walser
Le Territoire du crayon
Microgrammes
Editions Zoé, 2013

Publié dans Coïncidence, Lecture | Laisser un commentaire

Cela devient « naturel » mais cela fait « destin »

2013-10-20 14.59.25

Du bateau, au cours d’eau, l’instrument est devenu élément ; au lieu d’avoir encore à manier, à piloter, on ne fait plus qu’évoluer. A ce stade ultime, quand la façon de procéder est complètement intégrée, « sans qu’on se rende compte comment c’est ainsi, c’est ainsi ». Cela vient nécessairement ainsi, non seulement cela devient « naturel » mais cela fait « destin », est-il dit. – Comme ce nageur dans l’eau, pourrions-nous suivre aussi le danseur sur la terre : on le voit enchaîner ses mouvements, selon une liaison opérant comme à son insu, tant elle est forte de sa nécessité, et sans qu’il n’ait plus à s’interroger sur ce qu’il fait : il exécute la danse à la perfection précisément parce que tous ses gestes s’imposent à lui comme du « destin », ainsi que le dit si pertinemment le Zhuangzi, et qu’il s’est rendu de part en part perméable – ne se discernant plus la moindre séparation ou sécession, et d’abord du corps et de l’esprit – à la pure logique interne à cette processivité qui le conduit. p.100
François Jullien
Nourrir sa vie
à l’écart du bonheur
Seuil, an 2005

Publié dans Danse, Fragment, Lecture | Laisser un commentaire

Lune au lever du jour

P1070759

Publié dans Général | Laisser un commentaire

Ça me regarde

2013-10-17 14.02.59
2013-10-17 14.04.58
2013-10-17 13.50.52
2013-10-17 13.40.25
2013-10-17 13.47.10
2013-10-17 13.41.03

Publié dans Des plans, Fragment, Général | Laisser un commentaire

Monde

gamma1
gamma2
gamma3
gamma4
gamma5

Publié dans Des plans | Laisser un commentaire

Immobile

Publié dans Danse, Des plans | Laisser un commentaire

Dans la lumière du jour


Leurs souvenirs se rejouent-ils en elles ?
Sous la forme des hallucinations d’un songe.
Nous avons vécu l’expérience, dit le poète T.S Eliot, mais nous n’avons pas saisi la signification.
Et l’approche de la signification, nous restitue l’expérience, sous une forme différente.
Et c’est peut-être cela, qu’apporte le sommeil aux abeilles, comme à nous.
Une restitution obscure, inconsciente durant la nuit, de la signification des expériences nouvelles vécues la veille, dans la lumière du jour et leur réinscription sous une autre forme, plus précise, plus claire et plus durable, qui persistera au réveil.

Publié dans Fragment, Général | Laisser un commentaire

La Tour de Guet

tour-guet1

Un film rude.
Mais des belles choses.
Du coup le scénario trop écrit ne me gêne pas.
J’ai de quoi faire.

Jamais vu une scène d’accouchement aussi « réaliste ».
Le corps qui encaisse les chocs.
Les secousses qui arrivent par vagues.
Le corps qui se contorsionne pour de vrai, au bon endroit.
Le corps qui prend les bonnes positions, qui sait malgré elle.
Son corps qui la dépasse, qui accouche à sa place.

Jamais vécu aussi physiquement, tout remonte.
Je ne pensais pas que « l’image » pouvait rendre ça.
Je re-connais tout.
Je re-sens tout.
Le passage.

L’allaitement aussi.
L’ocytocine qui fait son effet.
Elle n’y peut rien.

C’est pas dans la tête c’est dans le corps.

Publié dans Des plans, Général | Laisser un commentaire

Nouvelles fonctions avec vue

2013-10-07 14.28.31

2013-10-07 14.30.35

2013-10-07 14.53.12

Publié dans Général | Laisser un commentaire

Crépuscule

Douze heures plus tard.
Encore des cloches.
Une vraie mise en scène.
J’ai eu droit à tout, bien rythmé, laissant le temps aux uns et aux autres.
« J’ai de la chance. »
L’entrée de champ, la lumière qui s’allume, la traversée lente et silencieuse du pont, la sortie de champ, l’arrivée de la gondole, l’arrivée du bateau qui a créé les remous qu’il fallait, faire vivre le reflet, la lagune qui reprend son calme, les cloches au loin.

Publié dans Coïncidence, Des plans, Général | Laisser un commentaire

Ryan Trecartin

P1070718

Publié dans Général | Laisser un commentaire

Joao Maria Gusmao e Pedro Paiva

P1070677

P1070680

Du 16mm certes mais pas seulement.

Publié dans Général | Laisser un commentaire