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Exaucée ?
Publié dans Danse
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Égard
Égard serait peut-être le terme juste pour dire le contraire de la familiarité négative, ou du sans-gêne, qui est l’envers de l’intime, et dirait donc son endroit. « Égard » est lui-même en rapport d’étymologie avec « regard », tire son origine de la même capacité de « garder », de veiller ou de prendre garde à (« esgarder »). Égard (regard) plutôt que respect qui est trop strictement moral (kantien) et hiérarchique (comme soumission rationnelle du pathologique) : avoir des égards pour l’Autre signifie que, au sein même de l’intime, et pour préserver cet intime, on continue de « regarder » l’Autre, c’est-à-dire de le maintenir en vis-à-vis comme Autre, en dépit de la quotidienneté de la présence. L’égard maintient l’écart qui fait que l’entre entre nous peut s’activer. Ce qui ne rechigne pas à se traduire dans le comportemental, à travailler le banal, à se traduire dans le moindre geste et le moindre mot, tant il faut de vigilance pour maintenir l’Autre dans sa capacité d’autre, au lieu de l’aliéner à soi. En quoi tient même la tension de la présence intime : en même temps qu’on a levé la frontière d’avec l’Autre et qu’il pénètre au plus dedans de soi, on le garde émergeant face à soi – nécessité que pointait l’extime – pour le sauvegarder comme Autre (pour qu’il reste hôte). Sinon la relation, en s’installant, tue la rencontre. Car la relation n’est pas le fruit de la rencontre, elle n’en est pas le prolongement ou le conséquent, mais, en l’étalant, la perd. Car il faut « garder » la rencontre, et ce continûment, comme un événement. p.112-114
François Jullien
Près d’elle
Présence opaque, présence intime
Galilée an 2016
Publié dans Fragment, Lecture
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Tressaillir
Danglard tressaillit au nom d’Alice Gauthier. A son âge, tressaillir était devenu si rare, et sa curiosité pour les petits événements de la vie s’épuisait si vite, qu’il ressentit de la gratitude pour la femme en manteau rouge. p.35
Fred Vargas
Temps glaciaires
Flammarion an 2015
Publié dans Lecture
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Lettre – Histoire de fantôme
Aujourd’hui j’ai reçu une lettre.
J’ai reconnu tout de suite l’écriture.
Elle m’a annoncé une nouvelle.
L’adolescence qui remonte.
Vertige.
Publié dans Coïncidence
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Tension active
Tant que je pense à l’Autre, en effet, je me détache de moi-même, mais en moi-même ; cette pensée de l’Autre (à l’Autre) m’appartient, elle évolue à mon gré. Mais quand l’Autre entre en présence, que nous nous regardons, que ses yeux commencent à se poser sur moi et les miens sur Elle, c’est tout autre chose qui se passe, de radicalement nouveau, détachant un présent de l’immédiat passé et chaque fois inédit, impliquant d’inventer, où plus rien d’emblée n’est joué, où même ce qui était jusque-là prévu doit s’improviser. Un vacillement se produit qui fait que je ne m’appartiens plus. Car il intervient plus en amont que ce qui fait ma conscience, plus au-dedans de moi (que « moi ») – autant dire dans l' »intime ». Ce qui reconfigure le traditionnel antagonisme dressé entre présence et durée (ou ce qu’on dit de l’usure de la présence, de la déception du désir satisfait). Tant que cette tension est active, tant que nous nous apercevons l’un l’autre, nous isolant du monde, que nous sommes en mesure de nous regarder, une telle présence est effective et ne s’est pas stérilisée. Mais dès lors que cette tension ne « passe » plus entre l’un et l’autre, que chacun s’est retranché, rebranché de son côté, ne s’y laissant plus déborder, la présence, alors, s’enlise et devient « opaque ». p.89-90
François Jullien
Près d’elle
Présence opaque, présence intime
Galilée an 2016
Publié dans Lecture
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Est-ce que c’est la nage qui m’aide à flotter ?
– Complexe, la gestion d’un commissariat, observa Lebrun.
– Certains estiment qu’il règne ici quelque flottement, dit Adamsberg en buvant une gorgée au goulot.
ooCette bière, il n’en avait nulle envie.
– Et vous réussissez ?
– Pas trop mal. Grâce au flottement je suppose.
Fred Vargas
Temps glaciaires, p.237
Flammarion an 2015
Publié dans Lecture
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Pensée à soi
– S’est passé combien d’heures entre le gratteron et le pare-brise ?
– Environ huit heures.
– Ben c’est pas trop long, tu devrais trouver. Creuse.
C’est une pensée que t’as pensée et que t’as pas fini de penser. Faut pas perdre ses pensées comme ça, hombre. Faut faire attention où on range ses affaires. Ton adjoint, le commandant, ça le gratte aussi ? Et l’autre, avec les cheveux roux ?
– Non. Ni l’un ni l’autre.
– C’est que c’est bien une pensée à toi. C’est dommage, quand t’y réfléchis, que les pensées n’aient pas de nom. On les appellerait, et elles viendraient se coucher à nos pieds ventre à terre.
– Je crois qu’on a dix mille pensées par jour. Ou des milliards sans s’en rendre compte.
– Oui, dit Lucio en ouvrant sa seconde bière. Ce serait le bazar. p.255
Fred Vargas
Temps glaciaires
Flammarion an 2015
Publié dans Lecture
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elle demande plus encore
oooEt lui qui avait lu ce carnet en entier, il avait aussi lu ce passage où elle était si heureuse, si émerveillée et surprise – elle avait raconté ce jour près d’un lac où il s’était endormi, comment elle avait voulu toucher son visage, comment elle avait trouvé que son fils était beau, comment elle avait été transpercée d’amour pour lui, comment elle s’était soudain rappelé qu’on peut aimer à ce point de vertige, d’oubli, de folie, comment elle avait écouté sa musique avec ses écouteurs – et comment elle avait été stupéfaite d’entendre la musique qu’elle écoutait en moto avec Gaël sur le périphérique parisien.
oooEt lui, maintenant, il sort l’appareil de son sac, il se dit que ce n’est pas facile, mais en faisant bien attention, il pourra. Et de fait, voilà, il met les écouteurs à sa mère, elle ne réagit pas. Il lui reste quelques piles, il va les laisser ici. Il prend l’appareil et appuie sur Play. Il fait attention à ce que le son ne soit pas trop fort, et enfin il regarde sa mère, il ose poser ses doigts sur les siens, elle ne bouge pas, c’est lui qui tremble et s’émeut, et elle, alors, laisse s’infiltrer la musique dans son corps, la voix de Bowie dans son sang, une chanson qui parle de devenir roi et de devenir reine, de nager comme les dauphins, même si ce n’est que pour un jour, une chanson qui parle de se maintenir debout même si c’est pour un jour, d’être ensemble, des héros pour un jour, et Samuel ne sait pas pourquoi il le dit mais il le dit en murmurant, on finira notre voyage, maman, on va continuer, on le fera, il faut qu’on continue, il faut, oui, tous les deux, toi et moi, je te promets qu’on reviendra et qu’on ira au bout, on reviendra bientôt, tu verras, je te le promets, on le fera, tous les deux, on finira notre voyage. p.239
Laurent Mauvignier
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Les Éditions de Minuit an 2016
Publié dans Lecture
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Créer son propre récit

Enfermement voyageur. Immobile dans le wagon, voir glisser des choses immobiles. Qu’est-ce qui se passe ? Rien ne bouge au-dedans et au-dehors du train.
Immuable, le voyageur est casé, numéroté et contrôlé dans le damier du wagon, cette réalisation parfaite de l’utopie rationnelle. La surveillance et la nourriture y circulent de case en case : « Contrôle des billets » … « Sandwiches ? Bière ? Café ? … ». Seuls les W.C. ouvrent une fuite dans le système clos. C’est le fantasme des amoureux, l’issue des malades, l’escapade des enfants (« pipi ! »), – un coin de l’irrationnel, comme l’étaient les amours et les égouts dans les Utopies de jadis. Mis à part ce lapsus abandonné aux excès, tout est quadrillé. Ne voyage qu’une cellule rationalisée. Une bulle du pouvoir panoptique et classificateur, un module de l’enfermement qui rend possible la production d’un ordre, une insularité close et autonome, voilà ce qui peut traverser l’espace et se rendre indépendant des enracinements locaux.
Au-dedans, l’immobilité d’un ordre. Ici règnent le repos et le rêve. Il n’y a rien à faire, on est dans l’état de raison. Chaque chose y est à sa place comme dans la Philosophie du droit de Hegel. Chaque être est posé là comme un caractère d’imprimerie sur une page militairement rangée. Cet ordre, système organisationnel, quiétude d’une raison, est pour le wagon comme pour le texte la condition de leur circulation.
Dehors, une autre immobilité, celle des choses, régnantes montagnes, verdures étendues, villages arrêtés, colonnades de buildings, noires silhouettes urbaines dans le rose du soir, scintillements de lumières nocturnes d’une mer d’avant ou d’après nos histoires. Le train généralise la Melencolia de Dürer, expérience spéculative du monde : être hors de ces choses qui restent là, détachées, absolues,et qui nous quittent sans qu’elles y soient pour rien ; être privé d’elles, surpris de leur éphémère et tranquille étrangeté. Émerveillement dans l’abandonnement. Pourtant elles ne bougent pas. Elles n’ont de mouvement que celui que provoquent entre leurs masses les modifications de perspective moment après moment ; mutations en trompe-l’œil. Comme moi, elles ne changent pas de place, mais la vue seule défait et refait continuellement les rapports qu’entretiennent entre eux ces fixes. p.165
Michel de Certeau,
L’invention du quotidien, 1. arts de faire,
Folio an 1990
Publié dans Général
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Sa démarche et son allure
ooo– C’est précisément cela qui est blessant pour nous, dit Mme Boye. Ne sommes-nous pas suffisamment divines par nous-mêmes ? […]
oooElle s’était levée. Niels avait résolu de partir et cependant il restait là, tournant et retournant d’audacieuses pensées qu’il n’osait émettre. Enfin il s’enhardit jusqu’à lui prendre une main et y déposer un baiser. Elle lui tendit son autre main qu’il baisa également, et il ne put articuler que ce mot :
ooo– Bonsoir !
oooNiels était amoureux de Mme Boye et cela le rendait heureux.
oooLorsqu’il repassa par les rues où, un peu plus tôt, il avait erré, découragé, il lui sembla qu’il y avait de cela longtemps, bien longtemps. Sa démarche et son allure avaient pris de l’assurance et de la dignité.
Il boutonna ses gants avec soin et il avait, pendant cette opération, le sentiment qu’un grand changement s’était fait en lui et que c’était à cause de ce changement qu’il boutonnait ses gants avec tant de soin.
oooSes pensées l’occupaient trop pour qu’il fût possible de dormir : il monta sur les fortifications.
oooIl s’étonnait de penser avec calme et d’éprouver une sorte d’apaisement mais il ne croyait pas à la durée de cet apaisement. Dans le fond de son être il sentait une agitation, une fermentation incessante. Il était dans l’attente de quelque chose qui devait lui arriver de loin – une musique vague qui devait petit à petit devenir plus distincte, puis résonner avec force, mugir, s’emparer de lui, il ne savait comment, le soulever dans un tourbillon et l’emporter il ne savait où. Cela viendrait comme un flot tumultueux, et ensuite…
oooPour le moment, il était calme. Hors cette espèce de vibration lointaine, tout en lui était paix et clarté.
oooIl aimait. Il se dit à voix haute qu’il aimait. Il le dit bien des fois. Ces paroles avaient comme une dignité, une noblesse, et leur signification était grande. Il n’était plus soumis aux influences diverses de ses chimères d’enfant, il n’était plus le jouet de désirs sans but, de vagues rêveries : il s’était échappé de la forêt fantastique qui avait grandi autour de lui, où cent bras l’avaient tenu captif, où cent mains s’étaient posées sur ses yeux pour l’aveugler. Il avait secoué ce joug. Il s’était reconquis. p. 110-113
Jens Peter Jacobsen
Niels Lyhne
Roman Stock an 1928
Publié dans Lecture
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Carte Postale
Publié dans Lecture
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