Bibliothèque

bibliotheque

ooVous réconcilier avec Apollon ne sera pas facile. Vous n’avez pas de laurier sous la main, Pindare n’a rien à vous dire, Hölderlin boude, Hegel est distant, Homère lui-même a mis son doigt sur la bouche. Décidément, tous les livres font grève aujourd’hui, y compris, c’est un comble, la Bible. Les poètes se taisent, la musique ne veut pas de vous, la peinture s’absente, votre partenaire d’amour se dérobe. Vous essayez le chinois ? Rien. Le sanscrit ? Rien. Le vieux français ? Rien du tout. Shakespeare ? Surdité complète. vous êtes enfermé en enfer.

ooVous essayez de dormir, mais le sommeil, au lieu de vous reposer, vous fatigue. Vous marchez pendant une heure, aucun effet. Vous prenez trois bains chauds, aucune détente. Vous vous enivrez, résultat très lourd. Vous baisez, vous jouissez, retour nul. La coke ? Vieux manège. Vous consultez les informations, l’idiotie vous submerge. Vous entrez dans un jardin, et la nausée avec un rire lointain d’Épicure, vous rejoint.

ooTout cela est bien beau, mais qu’arrive-t-il si plus personne ne sait lire, et si les livres essentiels sont noyés ? Je pose la question à Hegel, qui pour une fois, me répond par une boutade : « L’Esprit absolu sait nager. » Après quoi, il retourne dans sa bibliothèque, qui est extraordinairement renseignée. p.191 et 194

Philippe Sollers
Mouvement
Gallimard an 2016

[Oui mais… Il ne suffit pas d’écrire « Mouvement ». Pourquoi ? Où ? Comment ? Moi ?]

Publié dans Lecture | Laisser un commentaire

Plain-Chant

psaume
Nuage
du ciel

[Pourquoi « psalmodier » est très souvent utilisé à des fins péjoratives ? ]

– Oh bonheur

– Je chante

– Joie
ooh joie

– Oh vagues énormes
otous tes flots m’envahissent

– Toi qui as fixé la lune et le soleil

– Complètement

– Comme la lune installée toujours et à jamais

oAccordée
odans le ciel

opause

– Le monde est stable pour ne pas tomber

– Il fait la lune pour dire le temps
ole soleil connaît son mouvement

– Regarde à ma droite
oregarde

predelle2

Publié dans Lecture | Laisser un commentaire

Ça ne s’invente pas mais ça se retient

elle4

Je n’aime pas les mots croisés.
Je ne trouve jamais les réponses.
Je suis tombée par hasard sur une réponse.
J’ai été chercher la définition.
verticalement

ooseretrouver
Elle
Elle peut
Elle peut se
Elle peut se retrouver
Elle peut se retrouver sur
Elle peut se retrouver sur le
Elle peut se retrouver sur le dos

elle1
elle2
elle3
Nageuses verticales du jour

Publié dans Coïncidence, Général, Lecture | Laisser un commentaire

Festina lente

vitesserose

Publié dans Coïncidence, Général | Laisser un commentaire

Dans quel sens ça va ?

robe

mal élevé ?

élever \e.lə.ve\ ou \el.ve\ transitif ou pronominal 1er groupe (conjugaison) (pronominal : s’élever)

  1. Mettre plus haut, porter plus haut, rendre plus haut.
    • A un appel de sonnette on plaçait les plats et tout ce qui était nécessaire sur un monte-charge qui s’élevait jusqu’à la salle à manger et redescendait aussitôt. — (André DhôtelLe Pays où l’on n’arrive jamais, 1955)
    • Les filaos géants, à l’écorce rugueuse et noire, étaient très nombreux et s’élevaient vers la voûte de feuillage comme des piliers de cathédrale. —(Michel Lemoine, L’autre univers de Simenon : guide complet des romans populaires publiés sous pseudonymes, Liège,C.L.P.C.F., 1991, p.166)
  2. (Figuré) Porter vers ce qui est plus grand que soi, en parlant de ses pensées, de son âme, de ses désirs.
    • Élever son cœur, son esprit, son âme à Dieu,
  3. (Figuré) Fortifier, ennoblir, en parlant de l’âme, de l’esprit.
    • Il faut bien noter aussi que lorsqu’elle célèbre des Saints, elle s’élève et diffère ; alors elle s’exhausse dans une flambée d’âme ; […]. — (Joris-Karl HuysmansLa Cathédrale, Plon-Nourrit, 1915)
    • La lecture de cet ouvrage élève l’esprit. — Dans la contemplation de la nature, l’âme s’élève.
    • (Par analogie) Élever les sentiments, le courage. — Son style s’élève quelquefois.
  4. (Figuré) Opposer, proposer ou faire naître, en parlant de doutes, de scrupules, de difficultés.
    • Vous élevez là une difficulté, une chicane bien étrange.
    • Élever des doutes sur la réalité d’un fait.

robe2

imagesrecentes
Prédelle du jour

Publié dans Général | Laisser un commentaire

Père-Lachaise Soleil

perelachaise
Bien reçu. Merci pour la pensée.

SH1

SH2

J’ai retiré la main droite de dessous mon corps ; je me suis tourné et retourné dans mon lit et je me suis mis sur le dos ; c’était un peu désagréable ; je suis retombé dans la même position, l’effet de l’opium augmentait ; j’étais conscient de mourir et voulais le faire correctement. Mes sentiments s’étaient aggravés et amplifiés : mais je m’étonnais de ne pas dormir. C’était comme si toute mon existence sortait de mon corps d’une façon ravissante ; mon cœur battait lentement, je respirais doucement ; deux ou trois heures peut-être se sont écoulées. Entre temps quelqu’un a frappé à ma porte, j’ai compris que c’était mon voisin mais je n’ai pas répondu et je n’ai pas voulu bouger. J’ai ouvert les yeux et je les ai refermés ; j’ai entendu le bruit de sa porte ; il s’est lavé les mains et a sifflé ; j’ai entendu. J’essayais de m’occuper à des pensées agréables ; je me souvenais de l’an passée, le jour où j’étais assis dans le bateau ; on jouait de l’harmonica. Les vagues, les secousses du bateau, la jolie femme qui se tenait devant moi, j’étais plongé dans ces pensées ; c’est comme si j’avais eu des ailes et me baladais dans l’air. J’étais devenu d’une légèreté et d’une agilité inexprimables. C’était la même différence qu’entre la lumière naturelle et son reflet sous l’effet de l’opium ; c’était comme si on voyait la même lueur de derrière un lustre ou un prisme de cristal, comme si elle se décomposait en couleurs différentes. Dans cet état il vient des pensées simples et absurdes qui se transforment en une imagination enchanteresse et fascinante ; chaque pensée fugitive et futile prend une forme attirante et majestueuse ; s’il passe dans l’esprit un panorama ou un paysage, il s’agrandit énormément ; l’espace prend du volume ; l’écoulement du temps n’est pas sensible.
p.64-66
Sadeq Hedayat
Enterré vivant
José Corti an 1986

Publié dans Coïncidence, Général | Laisser un commentaire

Vitesse

debut

vitesse

 

Publié dans Des plans | Laisser un commentaire

Danser et jouer avec les symétries (suite)

elledanse
danse
danse2
Peter Utz
Robert Walser : Danser dans les marges

Publié dans Coïncidence, Lecture | Laisser un commentaire

… aus den Eingeweiden, den Sternen oder Tänzen

grammaire

Présent — Passé — Futur
Le bon ordre ?

Tel est donc notre héritage, l’héritage de notre temps. Folie de la dérive dans un sens : tables proliférantes, défi ostensible à toute raison classificatrice, travail sisyphéen. Mais sagesse et savoir dans un autre sens : Warburg avait bien compris que la pensée est affaire, non de formes trouvées mais de formes transformantes. Affaire de « migrations » (Wanderungen) perpétuelles, comme il aimait dire. Il avait compris que la dissociation même est susceptible d’analyser, de remonter, de relire l’histoire des hommes. Mnémosyne le sauvait de sa folie, de ses « idées fuyantes » si bien analysées par son psychiatre Ludwig Binswanger. Mais dans le même temps, ses idées continuer de « fuser » utilement, telles des images dialectiques, à partir du choc ou de la mise en rapport des singularités entre elles. Ni désordre absolument fou, ni ordonnancement très sage, l’atlas Mnémosyne délègue au montage la capacité à produire, par les rencontres d’images une connaissance dialectique de la culture occidentale, cette tragédie toujours reconduite — sans synthèse, donc — entre raison et déraison, ou, comme le disait Warburg, entre les astra de ce qui nous élève vers le ciel de l’esprit et les monstra de ce qui nous précipite vers les gouffres du corps.
« Lire ce qui n’a jamais été écrit » : l’imagination est d’abord — anthropologiquement — ce qui nous rend capable de jeter un pont entre les ordres de réalités les plus éloignés, les plus hétérogènes. Monstra, astra : choses viscérales et choses sidérales réunies sur la même table ou la même planche. Walter Benjamin ignorait sans doute les montages de Warburg dans Mnémosyne, mais il en décrit exactement les ressorts fondamentaux lorsque, dans son essai sur « Le pouvoir d’imitation » — une problématique évidemment commune aux deux penseurs — , il évoque cette « lecture d’avant tout langage » (das Lesen vor aller Sprache…) en précisant où elle a lieu : « dans les entrailles, dans les étoiles ou dans les danses » (… aus den Eingeweiden, den Sternen oder Tänzen). p.21-22
Georges Didi-Huberman
Atlas ou le gai savoir inquiet
Les Éditions de Minuit, an 2011

Publié dans Danse, Lecture | Laisser un commentaire

Prince

prince

Publié dans à la fin | Laisser un commentaire

I wanna swim with you In the moonlight


Salle La Mamisele (ça ne s’invente pas),
A croire qu’il a choisi décor et figurants,
C’est pourtant pas bien loin mais une autre planète.
Mais j’ai aimé ce trajet, traverser les forêts.
Lui, là et bien là,
Très généreux et heureux,
Vivant.

Publié dans Danse, Joie | Laisser un commentaire

Avec Mesure

symetrie
Du latin symmetria, du grec ancien συμμετρία, symmetria, composé de σύν, sýn (« avec ») et μέτρον, métron (« mesure »).
Nom commun
symétrie \si.me.tʁi\ féminin

1- (Mathématiques) Correspondance de grandeur, de forme et de position que les parties d’un corps naturel ou artificiel ont entre elles et avec leur tout.
ooLes symétries des ordres d’architecture ont été fixées par différents maîtres.
ooLa symétrie est bien observée dans cet ouvrage d’architecture.
ooCela est contre la symétrie.
ooLa symétrie du corps humain.

2- (Figuré) Arrangement des choses suivant un certain ordre.
ooDes tableaux, des vases arrangés avec symétrie.
ooLa symétrie d’une plantation.
ooIl faut de la symétrie.
ooNégliger la symétrie.
ooDéranger la symétrie.
ooGarder, observer la symétrie.
ooPour la symétrie, il faut mettre un tableau en pendant de celui-ci.

Publié dans Général | Laisser un commentaire

Billet n°4999

etoile

Publié dans à la fin | Laisser un commentaire

Si ma promenade est une promenade, Je suis plus un « je », je suis un événement.

night2
night4
night1

J’invoquais le poème si beau de Lorca : « Quel terrible cinq heure du soir ! » Quelle terrible cinq heure du soir ! Qu’est ce que c’est cette individuation ? Dans les romans anglais. Je vous demande, juste de repérez ça, dans les romans anglais – Je dis pas toujours, dans beaucoup, chez beaucoup de romanciers anglais, les personnages ne sont pas des personnages. Tiens, on retombe dans Blanchot, avec heureusement, là, on le conforte, on se conforte avec lui. C’est les romanciers anglais, ils n’en parlent pas. Donc on a une autre source, peut-être pour donner raison à Blanchot. Mais dans beaucoup de romans anglais, à beaucoup de moments, surtout aux moments principaux, les personnages ne sont pas traités comme des personnes. Il ne sont pas individués comme des personnes.

Par exemple, les sœurs Brontë ont une espèce de génie. Elles ont une espèce de génie surtout l’une.., je sais plus laquelle c’est, alors je m’abstiens. Je crois que c’est Charlotte. Je crois que c’est Charlotte… Ne cesse pas de présenter ses personnages comme… C’est pas une personne. C’est absolument l’équivalent d’un vent. C’est un vent qui passe.

Ou Virginia Woolf, c’est un banc de poissons. C’est une promenade. C’est pas… Tiens, je retrouve le même cas.., justement ce que Benveniste négligeait et traitait comme mineur :

 » Je me promène ». C’est précisément il suffit que je me promène pour ne plus être un « Je ».

Si ma promenade est une promenade, Je suis plus un « je », je suis un événement.

Gilles Deleuze – dernier cours de Vincennes – Anti-œdipe et autres réflexions cours du 03/06/80 – 2

Publié dans Des plans, Lecture | Laisser un commentaire

Sourire : son fondement psychologique est complexe, insaisissable, mystérieux

lapinfluo

« La psychanalyste éteint la lampe, range des papiers, s’attarde. La voix de cette femme ne la lâche pas, la manière, surtout, dont elle a dit cela : […]. On aurait dit le début d’un conte. Alice égarée dans ce monde magique où quel que soit le bout du biscuit que l’on croque, on est toujours trop grand ou trop petit, la lapin blanc n’a pas le temps de vous répondre et le sourire du chat de Cheshire s’efface de manière inquiétante. »

Publié dans Coïncidence, Lecture | Laisser un commentaire